Flying Techniques par Carl Robertshaw

Une démonstration en trois parties par des pilotes de compétition : leur parcours, l'Airbow puis le Revolution, avec réglages, précision et figures. Tu y vois notamment comment se pilote l'Airbow, mi-4 lignes, mi-2 lignes.

Tirée de la série Flying Techniques. Transcription et traduction par QuadKites.org.

Flying Techniques par Carl Robertshaw

Ce que nous retenons de cette vidéo

  • L'Airbow se pilote aux poignets, comme un 4 lignes, ou à grands mouvements de bras, comme un 2 lignes. Il est symétrique dans les deux sens et sait faire le yo-yo, ce qui le distingue des autres 4 lignes.
  • Un stand-off se met toujours d'abord dans la voile, puis dans le raccord : sous tension, une extrémité qui glisse transperce la voile.
  • Les barres Revolution se distinguent par leur autocollant : « Revolution Equipped » pour les 4 wraps, « Ultralight » pour les 3 wraps, « Professional Use Only » pour les plus légères. Une barre de gros diamètre et à paroi fine reste rigide dans un Rev ventilé, par vent fort.
  • Pour une rotation lente, fixe le centre du cerf-volant sur un point du décor et pousse sans cesse la poignée qui commande le bas de l'aile.
  • Le clock est une affaire de vitesse des mains : à peine lancé, le quart de tour s'arrête déjà. Par vent faible, écarter les mains sur les côtés donne plus d'amplitude.
  • En ligne droite, le cerf-volant glisse vers le haut ou vers le bas de la fenêtre : de petites corrections permanentes le tiennent droit, et un coup de frein l'arrête avant chaque coin.
  • En vol arrière, il suffit de très peu de marche arrière. Au bord de la fenêtre, avance d'un pas plutôt que d'en mettre plus, sinon une aile se replie.
  • Pour l'axel, mets beaucoup de marche arrière, puis un coup sec sur la même poignée en donnant beaucoup de mou de l'autre. S'entraîner avec des barres lourdes aide à garder l'élan et à vider la voile.
  • Le flic flac du Revolution demande de déplacer le point de bride vers les pointes, au prix d'un bord d'attaque qui plie davantage. Le pilote est revenu au réglage standard.

Transcription : introduction

  1. Leurs débuts

    0:24

    J'ai commencé le cerf-volant en 1995, le 11 mars, une semaine avant mon anniversaire. Ma femme m'a offert un petit cerf-volant, et elle le regrette depuis. Moi, j'ai commencé tout petit : nous avons grandi avec les cerfs-volants. Mais vers 16 ou 17 ans, je suis venu à Londres, je suis allé au magasin de cerfs-volants et j'ai vu ces cerfs-volants étonnants, en carbone et en nylon ripstop, colorés, high-tech. Je me suis dit que j'allais essayer d'en fabriquer un ou deux, je l'ai fait, et ils volaient. Je fais du cerf-volant depuis l'âge de deux ou trois ans, et sérieusement, en compétition, depuis dix ans. Je crois que ce petit cerf-volant a duré une semaine, puis j'en ai acheté un plus grand, un meilleur, puis encore un plus grand et un meilleur. J'ai commencé à voler sur les Epsom Downs ; il y avait là-haut d'excellents pilotes, et c'est là que j'ai essayé un Stranger pour la première fois.

  2. La compétition

    1:28

    J'ai fait de la compétition pendant dix ans, et j'ai arrêté depuis trois ans. J'ai gagné de nombreuses épreuves et fait plusieurs fois le tour du monde : ça a été une grande passion. Ma première compétition, c'était en 1993, à Brighton, en individuel. Je m'y suis mis un peu par hasard : c'est mon frère Carl qui m'a forcé la main. Il s'y était mis avant moi ; il avait fondé l'équipe que j'ai rejointe plus tard, Aircraft. À la fin de cette année-là, j'ai rencontré Tim Benson au festival de cerf-volant de Portsmouth. Je volais déjà sur le Box of Tricks, et il m'a proposé de me sponsoriser. J'ai donc volé presque tout le temps sur des Benson, et je crois que la suite est connue.

  3. La paire, et tous les cerfs-volants

    2:15

    Evolver est né quand James et moi avons continué à voler après Aircraft, l'équipe dont nous faisions partie. Nous étions quatre, et l'équipe a duré cinq ans. Ensuite James et moi nous sommes associés pour voler en paire. Nous avons concouru deux ou trois ans, je ne sais plus exactement, mais nous avons gagné toutes les compétitions en 1999 et en 2000. Ensuite j'ai encore fait quelques compétitions. La compétition, c'est amusant, ça fait monter ton niveau et tu progresses, mais c'est aussi beaucoup de travail. Pour moi, le cerf-volant reste un plaisir. J'aime le 4 lignes, le 2 lignes et le mono-ligne : j'aime tous les aspects du cerf-volant. Même les cerfs-volants de traction : je me suis retrouvé à l'hôpital, les chevilles cassées, à cause de grandes ailes à caissons. Je ne me limite donc pas à un seul type de cerf-volant.

  4. Il n'y a pas de secret

    3:08

    Beaucoup de gens me demandent quel est le secret pour piloter à très haut niveau et réussir en compétition. À mon avis, il n'y a pas vraiment de secret. C'est beaucoup de travail et, dans mon cas, une obsession : toujours chercher à me dépasser, à pousser plus loin ce que nous faisions en paire, ou en équipe aussi. Nous avons mis des heures et des heures, des milliers d'heures de travail dans ce que nous faisons, et c'est comme ça que nous en sommes arrivés là. Et aussi en parlant avec les autres : on apprend beaucoup en observant de très près d'autres pilotes, et nous le faisons tout le temps. Bien sûr, si tu veux savoir où tu en es, la compétition est à peu près le moyen le plus objectif. Je m'appelle Andy Wardley, voici James Robertshaw, et voici Carl Robertshaw : bienvenue dans Flying Techniques.

Transcription : l’Airbow

  1. Monter l'Airbow

    5:16

    L'Airbow, et comment le monter. Voici un Airbow tout juste sorti de l'atelier de M. Benson. C'est, je crois, le dernier prototype : le tout dernier prototype ou le tout premier Airbow de série, selon le point de vue. Comme tu le vois, il a déjà volé. Je laisse toujours mes lignes attachées au cerf-volant et je les range à l'arrière. C'est beaucoup plus simple : en arrivant sur le terrain, il n'y a pas besoin d'attacher les lignes. Déroulons-le. Il y a deux grandes traverses et quatre stand-offs. Vérifie que les lignes ne sont enroulées autour de rien, et repère la partie centrale. Sur ces deux traverses, repère l'extrémité au ruban vert : c'est la partie renforcée, elle va au milieu. Celle-ci passe par là, cette extrémité se fixe ici, puis elle s'emboîte au bout de l'aile, et celle-ci s'emboîte au bout de l'autre aile.

  2. Les stand-offs, et pourquoi l'ordre compte

    6:41

    Ensuite, les stand-offs, au nombre de quatre. Une extrémité porte un élastique, l'autre non. Il est très important de le mettre d'abord dans le cerf-volant, et pas ici. Je vais te montrer pourquoi. Si tu le mets d'abord de ce côté et que tu forces pour le placer, il est sous tension : si tu glisses, cette extrémité pointue passe droit à travers la voile. Donc mets-le toujours d'abord dans le cerf-volant, puis glisse-le dans le raccord du haut. Ils sont prévus pour être bien serrés, pour ne pas sortir. Voilà, le cerf-volant est monté. Comme tu vois, mes lignes sont déjà attachées, et elles sont simplement enroulées sur les poignées. Il me suffit de reculer en déroulant mes lignes. L'autre avantage de garder les lignes attachées au cerf-volant, c'est qu'elles ne peuvent pas s'entortiller ni s'emmêler. Il peut y avoir quelques torsions, mais pas de gros nœuds, en tout cas la plupart du temps.

  3. Un hybride entre 4 lignes et 2 lignes

    8:04

    C'est vraiment un hybride entre un 4 lignes et un 2 lignes. Je voulais un cerf-volant qui canalise l'air comme un 2 lignes, pour qu'il découpe des trajectoires quand on le pilote. On peut donc le piloter avec de grands mouvements des mains, comme un 2 lignes, tout en ayant le contrôle d'un 4 lignes. Et il est parfaitement symétrique de gauche à droite et de haut en bas : on peut le faire voler vers le haut, vers le bas, en marche arrière, comme on veut. Ça en fait un très beau cerf-volant : un superbe dessin de Tim Benson, bien sûr. Le fait que l'Airbow puisse faire le yo-yo, c'est vraiment ce qui le distingue des autres 4 lignes. La plupart des autres 4 lignes sont surtout conçus pour tourner sur place, comme ça. Voyons si on réussit un décollage complètement fou, enroulé comme un burrito. Vérifions d'abord que j'ai la bonne poignée dans la bonne main. Prêt ? Attention au projectile. Bon, ça va très mal finir. C'est parti. Je crois qu'on a réussi.

  4. Piloter l'Airbow

    9:27

    Voici donc l'Airbow. On peut partir du cerf-volant posé au sol. Pour piloter l'Airbow, il y a ces poignées. Incline les poignées vers l'arrière et le cerf-volant monte ; incline-les vers l'avant et, surprise, il descend. L'intérêt de l'Airbow, c'est qu'on peut aussi le piloter comme un 2 lignes, avec de grands mouvements des mains pour le diriger dans le ciel. Si tu as l'habitude du 2 lignes ou d'une aile de traction 4 lignes, cette façon de voler te sera familière. Quand tu le pilotes comme un 2 lignes, ça aide de tenir les poignées un peu plus bas, à pleine main, pour lui donner de la puissance. Et le grand avantage, c'est qu'avec des poignées on peut l'arrêter à tout moment. C'est très spectaculaire de descendre en piqué puis de s'arrêter net.

  5. Rotations, stationnaire et vol sur la tranche

    10:32

    Pour une rotation bien serrée, garde les poignées aussi proches que possible, et incline l'une à fond vers l'avant et l'autre à fond vers l'arrière. Pour les rotations plus lentes, sers-toi davantage du mouvement des mains. Une autre jolie figure avec l'Airbow : le vol stationnaire juste au-dessus du sol. Là encore, ça montre un grand contrôle du cerf-volant. On peut aussi voler sur la tranche, basculer sur l'autre tranche et repartir dans l'autre sens. Voici un petit décollage en axel, et un autre tonneau. Montrons ce mouvement où le cerf-volant est sur la tranche et où l'on laisse filer la main du bas. Tu peux la ramener pour descendre le cerf-volant jusqu'à poser une pointe, la laisser filer pour le relever, puis changer vite de main pour le faire pivoter. Tu vois, j'utilise de grands mouvements, en laissant filer la ligne du bas pour garder le cerf-volant stable. Dans cette position de côté, on peut aussi le faire voler dans un sens puis repartir dans l'autre ; il vole aussi latéralement. Des poses sur une pointe. Et ça, c'est une pointe qui traîne au sol.

  6. Flic flacs et yo-yos

    13:03

    Voyons maintenant les flic flacs et les yo-yos. C'est une figure vraiment géniale. Par vent faible, il suffit d'un petit coup sec pour faire basculer le cerf-volant d'avant en arrière. Mais aujourd'hui il y a un peu trop de vent pour ça, donc on va employer une autre technique : prendre les deux poignées dans une main, tirer les lignes du haut vers le bas et relâcher. C'était bien. On en refait un. Pour le yo-yo par vent fort, prends les deux poignées dans une main, attrape les lignes du haut, tire-les vers le bas et lâche. De grands mouvements de bras. Voilà un arrêt, et on peut s'en servir pour enchaîner un flic flac, parfois, quand le vent n'est pas trop fort. Et voilà un flic flac. Là, c'est un yo-yo. Il essaie le yo-yo. Oh, on est emmêlés. On a un problème. Un petit coup sec. Voilà, c'est sorti. Il n'y a pas de problème de cerf-volant qu'un petit coup sec ne règle pas.

  7. Les axels

    14:42

    Voyons quelques axels. L'une des figures de base de l'Airbow, héritée du 2 lignes, c'est l'axel, et le mouvement des mains est très proche. Voyons l'axel de la main droite. On commence par pousser la main droite vers l'avant pour laisser reculer ce côté du cerf-volant. En même temps, on tire légèrement sur la ligne du bas gauche, puis on donne un coup sec, une forte traction, avec le haut de la main droite. Tu pousses une main vers l'avant, tu donnes du mou à la ligne, puis un coup sec, et le cerf-volant pivote. Et voici la main gauche : on pilote surtout sur la ligne du bas droite, puis on tire fort avec la main gauche, surtout sur la ligne du haut. Voilà. Et voici le mouvement de tricot pour enchaîner les axels.

  8. Tonneaux et pilotage à une main

    15:54

    Une figure vraiment impressionnante avec l'Airbow, c'est le tonneau. Le plus simple pour commencer est de tirer sur une ligne et de lancer le cerf-volant dans une grande boucle, puis de la resserrer peu à peu, encore et encore, jusqu'à ce qu'il roule avec une extrémité tournée vers toi, comme ça. C'est très difficile de le faire lentement. On fait le tour de la boucle. Le secret du tonneau, c'est de tirer sur la ligne du haut. Ici, je tire juste sur la ligne du haut, et il tourne. Revoyons-le, parce que j'aime faire des tonneaux. Oh, joli. Un lent. Et on descend poser une pointe. Pilotage à une main : on peut le piloter d'une seule main. Est-ce qu'il tourne ? Oui, c'est sympa. Voyons maintenant si on peut faire un peu les malins. On remonte simplement le long des lignes.

  9. Ranger l'Airbow

    17:58

    Maintenant on le range. Les poignées ensemble, les lignes ensemble, et on passe ça par là pour les nouer et éviter que ça se défasse. Pour démonter, la seule partie vraiment délicate, c'est de sortir cette pièce. Attrape-la comme ça et tire. C'est un peu dur, mais ça devrait sortir sans trop de mal. Et pense toujours à retirer d'abord les stand-offs de la barre, puis de la voile. Les traverses sortent, puis tu prends une baguette, puis l'autre, tu rassembles toutes les lignes de bride au milieu, les barres, tu enroules, et il est prêt à retourner dans le sac, qui est là. Le cerf-volant retourne dans le sac avec les poignées, prêt pour la prochaine fois.

  10. Conçu pour s'amuser

    19:20

    L'Airbow est conçu pour s'amuser. Je voulais un cerf-volant facile à piloter, qu'on prend en main et qu'on apprend vite. Il ne demande pas de mouvements de mains très précis : le mieux est donc d'aller le faire voler. Secoue-le dans tous les sens et regarde ce qu'il fait. Il est très stable et se rattrape très facilement : va voir ce que tu peux faire. Amuse-toi bien.

Transcription : le Revolution

  1. Les origines du Revolution

    20:00

    Le Revolution a été conçu par deux frères, les Hadzicki, en Californie. Ils fabriquaient à l'époque des manches de clubs de golf, et c'est de là que vient la technologie des barres : la fabrication des manches de golf. Quand le Revolution est sorti, ils ont décidé, allez savoir pourquoi, de l'appeler Neos Omega, et assez vite ils l'ont rebaptisé Revolution, ce qui est évidemment bien plus simple à dire. J'ai l'habitude de ranger ensemble les deux cerfs-volants que j'utilise, parce que j'ai deux voiles et une combinaison de barres. Je range les deux voiles ensemble et j'enroule les barres dedans, ce qui est de toute façon la manière de ranger un Revolution, et ça reste bien propre. Aujourd'hui, le vent est très faible, très irrégulier, et tombe presque à rien : ce n'est sûrement pas un jour pour la version ventilée.

  2. Choisir ses barres

    21:05

    Quand on étale le cerf-volant : j'ai la chance d'avoir un assez grand choix de barres, des barres Revolution d'origine, ce qui est pratique, même si elles coûtent assez cher aujourd'hui. Ça me donne le choix entre différents poids de barres à mettre dans le cerf-volant. Par exemple une barre de très gros diamètre comme celle-ci, que j'utiliserais dans le cerf-volant ventilé. Son diamètre est très large et sa paroi assez fine, mais sa rigidité vient de son diamètre. Compare-la avec ce qui était avant une barre pour vent fort : le diamètre est complètement différent, et la flexion de cette barre aussi. Avec la barre la plus fine, de plus petit diamètre, je peux la cintrer pas mal, même si elle reste assez rigide. Celle-ci, au contraire, plie beaucoup moins. Nous les mettons donc dans nos Rev ventilés, par vent très fort, jusqu'à 25 ou 30 miles à l'heure environ (40 à 50 km/h), et le cerf-volant reste contrôlable.

  3. Wraps, embouts et tension des élastiques

    22:17

    Toute cette histoire de « wraps », c'est en fait le nombre de couches qui composent la barre : chaque barre est faite de plusieurs feuilles de carbone enroulées. Dans la gamme Revolution, on les distingue ainsi : les barres 4 wraps portent « Revolution Equipped » sur l'autocollant, les 3 wraps « Ultralight », et les plus légères « Professional Use Only ». En enfilant ces embouts, je mets pas mal de tension dans les élastiques tout autour de la voile : de ces pointes jusqu'aux bouts d'aile, ils sont assez tendus. Avec plus de tension, le cerf-volant accroche mieux le ciel ; je veux dire par là un contrôle plus serré.

  4. Bouts de lignes et repérage

    23:06

    Cette fois, je vais faire une toute petite boucle à nœud simple au bout de la boucle de la ligne : au moment de détacher la ligne, il y a quelque chose sur quoi tirer. Sur mes lignes, là où la plupart des gens mettent une gaine, sans doute noire pour les lignes du bas et blanche pour les lignes du haut, je fais juste une petite marque noire.

  5. Un décollage depuis la position morte

    23:34

    Au moment de décoller, je vais faire une petite astuce que j'utilise quand je vole seul. Il s'agit de tirer le cerf-volant depuis cette position, une sorte de position morte, jusqu'à une position de décollage à l'envers, le bord d'attaque au sol. Le mouvement consiste à mettre la marche arrière à fond, c'est-à-dire pousser les pouces vers l'avant, et tirer d'un coup très sec vers l'arrière. En théorie, la traction plaque le cerf-volant contre le sol puis, avec la marche arrière à fond, elle relève les deux ailes, si tout va bien. De là, le cerf-volant est en position de voler, mais c'est délicat et il faut parfois plusieurs essais. On y va. Et voilà, du premier coup.

  6. Des poignées réglables

    24:29

    Deux remarques sur les poignées. En haut de mes poignées, j'ai fixé des cordelettes avec des nœuds, c'est très, très simple. On peut aussi le faire avec une sorte de nœud réglable ; c'est une façon très simple de pouvoir changer la position de la ligne sur la poignée. Pour l'instant, en haut, elle est tout à fait en avant des deux côtés, et en bas, tout à fait en bout. Autre chose sur les poignées : j'ai cintré cette partie. Pose tes poignées côte à côte au sol, plie-les, vérifie qu'elles ont le même angle : ça te donne plus de bras de levier. Voilà, les lignes sont dégagées et prêtes à voler.

  7. La rotation lente

    25:20

    Voyons la rotation lente : le cerf-volant reste au même endroit mais tourne en continu autour de son centre. Pour cette figure, une très bonne idée est de concentrer ton attention, ton regard, sur le centre du cerf-volant. Et s'il y a quelque chose dans le ciel, ou des arbres derrière, essaie de fixer le centre du cerf-volant sur un point précis de l'arrière-plan. Pour une rotation continue, c'est un mouvement fluide des mains, comme ceci, en poussant sans cesse vers l'avant la poignée qui commande le bas du cerf-volant, tel que tu le vois. Mes mains font pivoter les poignées, et je pousse la partie du cerf-volant qui m'apparaît comme le bas à mesure qu'elle tourne : c'est un mouvement continu.

  8. Le clock

    26:12

    Le « clock », comme on l'appelle, est une série de quarts de tour rapides : le cerf-volant tourne très vite et très précisément de 90 degrés, puis s'arrête net. Cela se fait par un mouvement des mains très rapide, en faisant pivoter les poignées pour faire tourner le cerf-volant : un pouce part vers l'avant, l'autre vers l'arrière. Pour cela, j'exagère vraiment la torsion des mains, pour forcer le cerf-volant à tourner. C'est si rapide qu'à peine la figure commencée, tu l'arrêtes déjà, ce qui paraît étrange, mais c'est comme ça que ça marche. Tu fais littéralement pivoter le cerf-volant d'un coup, puis tu remets les poignées à égalité et tu le bloques dans la position suivante : à vitesse réelle, ça donne ça.

  9. La vitesse des mains

    27:01

    Ce qui compte dans cette figure, c'est la vitesse des mains au moment de l'exécuter : elles doivent bouger très vite, il n'y a pas d'autre moyen. J'ai remarqué que, plutôt que de garder les mains devant moi tout le temps, quand le vent faiblit un peu, j'écarte les mains sur les côtés en faisant pivoter le cerf-volant. Ça donne plus de prise et un mouvement plus marqué au cerf-volant ; sinon je manque de place et je me donne un coup de poing dans la poitrine si je n'écarte pas les mains.

  10. Le carré de précision

    27:32

    Piloter un carré de précision avec le Revolution combine un quart de tour à chaque coin du carré et quatre lignes droites. Voler en ligne droite avec un 4 lignes est plus difficile qu'il n'y paraît : comme on peut agir sur le cerf-volant dans toutes les directions, il faut beaucoup de contrôle pour tenir une ligne parfaitement droite. Il faut pour cela ajuster sans cesse les poignées. Je fais une ligne droite par là, assez lente, et je fais en permanence de minuscules corrections pour que le cerf-volant semble aller parfaitement droit. Ce qui est le cas, bien sûr, mais ce n'est pas l'impression qu'on a, parce qu'on fait plein de petites corrections.

  11. Lignes droites et coins

    28:18

    Ce qui se passe en général quand on vole, ou qu'on essaie de voler, en ligne droite, c'est que le cerf-volant glisse vers le haut ou vers le bas de la fenêtre. Il faut compenser en faisant glisser les mains comme ceci, assez délicatement, pour l'inciter un peu à descendre ou à monter et le garder équilibré pendant qu'il traverse la fenêtre. Puis un virage sec, qui est un quart de ce clock, change l'orientation du cerf-volant. J'ai oublié de préciser que j'arrête le cerf-volant à chaque coin : je freine un peu pour l'arrêter net, je fais pivoter, puis je le fais repartir vers le haut, sur ce rythme. Mais là encore, il faut de petites corrections pour l'équilibrer.

  12. Le vol arrière

    28:56

    Le vol arrière : c'est quelque chose que j'ai appris à aimer, et c'est extrêmement addictif. C'est sans doute plus facile avec un 4 lignes de cette taille, parce qu'il se déplace plus lentement et se contrôle plus précisément dans le ciel. En ce moment, avec ce vent, il suffit d'un tout petit peu de marche arrière pour faire avancer le cerf-volant : la moindre correction et il s'arrête. C'est vraiment très peu. Il faut parfois avancer quand on descend au bord de la fenêtre, ou quand on y monte, parce qu'avec trop de marche arrière, on risque de replier une aile.

  13. La précision

    29:46

    Beaucoup de gens sont très impressionnés quand on joue avec le public, qu'on pose le cerf-volant sur une main, ce genre de choses : ces tours que nous, pilotes de Revolution, faisons parfois. L'essentiel repose sur le fait de garder le cerf-volant immobile et de faire de toutes petites corrections. La précision vient surtout du fait de trouver un repère de la distance entre le cerf-volant et quelque chose : quand tu poses le cerf-volant juste devant quelqu'un, ou que tu le touches. Si tu es devant quelqu'un, tu regardes comment il regarde le cerf-volant : à l'angle de son regard, tu sais à quelle distance tu es, de quel côté de lui, et ainsi de suite. Ensuite, il suffit de faire quelques pas en avant, peut-être un seul, et tu sais qu'en redescendant, tant que tu ne bouges pas les pieds, le cerf-volant arrivera juste au-dessus de lui. Tu sais ainsi où se trouve le cerf-volant par rapport à ta cible, quoi que tu fasses, puis, tant que tes pieds ne bougent pas, il ne s'en écartera pas beaucoup.

  14. Le bord d'attaque au bord de la fenêtre

    30:48

    Je vais maintenant faire voler le cerf-volant vers le bord gauche de la fenêtre, de mon point de vue. Plus il s'approche du bord, plus le vent faiblit, et le bord d'attaque devient presque vertical. Plus il approche du bord, plus ma main du haut, la droite, recule, pour mettre le cerf-volant dans un angle de plus en plus prononcé. Il va toucher le sol, mais si je le tiens là, il va redécoller et rester suspendu, très incliné, presque sans tension dans les lignes. C'est une manière de voler par vent très faible, mais je trouve aussi que c'est une bonne technique quand on a besoin de regagner du terrain vers l'avant d'un seul mouvement.

  15. L'axel en Revolution

    31:34

    Bon, je vais faire quelques axels : il faut mettre le cerf-volant dans un angle assez prononcé, pour qu'il pivote et passe un peu à plat. Cela permet au cerf-volant de tourner sur un autre axe, exactement comme un 2 lignes, mais c'est un peu plus compliqué à cause des quatre lignes. Le mouvement des mains consiste à mettre beaucoup de marche arrière, puis à donner un coup sec sur la même poignée, en laissant en même temps beaucoup de mou sur l'autre. Comme je suis droitier, j'ai tendance à faire le coup sec de la figure avec la main droite. J'ai aussi l'habitude de faire tourner le cerf-volant dans le sens de l'axel avant de le tenter, ce qui lui donne de l'élan dans la rotation. On y va : je fais tourner le cerf-volant une fois, et voici l'axel. Et on réessaie une fois. On arrive, on lance une rotation pour prendre de l'élan, on choisit le moment, coup de poignet, on pousse l'autre main, puis on récupère comme ça.

  16. Récupérer, et s'entraîner avec des barres lourdes

    32:39

    Je trouve que c'est toujours joli de récupérer la figure dans une position d'arrêt net. Quand le vent forcit, il faut vraiment avancer, parce que, comme avec un 2 lignes, il faut arrêter le cerf-volant et vider toute la voile. Une bonne façon de s'entraîner, si tu peux, est de mettre des barres lourdes, pour que le cerf-volant soit trop lourd pour le vent du jour. Ça aide à garder l'élan pendant la rotation, et aussi à vider complètement la voile.

  17. L'arrêt net

    33:09

    Je vais faire un arrêt net : faire descendre le cerf-volant très vite vers le sol puis l'arrêter net à quelques centimètres au-dessus, si tout se passe bien. Dans mon cas, je tiens le cerf-volant en haut de la fenêtre, à l'envers, le bord d'attaque parallèle au sol, puis je l'accélère jusqu'à juste au-dessus du sol et je freine. J'avance les pouces juste ce qu'il faut pour arrêter le cerf-volant net. On y va : nez en bas, accélération, coup de frein. C'était plutôt bien. L'idéal, c'est que le cerf-volant s'arrête net, reste en place et stable ; tout est une question de dosage de la marche arrière que tu mets pour l'arrêter. J'en fais un autre : beaucoup de traction, puis arrêt net. Pas mal non plus, mais un peu de flottement en bas. À partir de là, on peut enchaîner d'autres figures. Une bonne idée est de faire glisser le cerf-volant en partant de là, parallèlement au sol.

  18. Rattraper le cerf-volant

    34:16

    Je vais maintenant essayer de faire descendre le cerf-volant depuis tout en haut de la fenêtre : les deux poignées dans une main, on tire les deux lignes du haut et on essaie de rattraper le cerf-volant. Comme ça. C'est un peu difficile avec des lignes aussi longues, parce que tout ça est plus facile en lignes courtes. On peut relancer le cerf-volant : mets le doigt derrière ce nœud pour avoir de la prise, et lance le cerf-volant sous le vent, par-dessus le bord d'attaque, légèrement incliné. Et on peut aussi le lancer avec le bout du doigt passé autour de l'embout, là.

  19. Un flic flac en Revolution

    35:23

    Il y a une figure possible en Revolution qui ressemble à un flic flac, comme sur un 2 lignes : on voit le dos du cerf-volant, puis sa face. Voici comment faire : imagine que ma main est le cerf-volant, le haut est le bord d'attaque, et le cerf-volant est en équilibre, à l'endroit. Un coup sec sur les poignées, avec beaucoup de marche arrière, relève les deux ailes comme ceci, et on voit alors le dos du cerf-volant. Puis, d'un autre coup sec, on tire très fort sur les lignes arrière, on rabaisse suffisamment les ailes, et dès qu'elles passent l'horizontale, le vent fait le reste et les deux ailes claquent en retour.

  20. Déplacer le point de bride : le compromis

    36:05

    Pour faire ce retournement, il faut ajouter des rallonges et déplacer le point de bride, à peu près ici : vu d'en haut, il est plus à l'extérieur, plus près de la pointe. Une fois cela fait, quand tu donnes ce coup sec, les pointes se relèvent puis se rabattent. C'est plus facile sur les petits cerfs-volants : sur un Rev 1.5, ça marche mieux que sur un Rev 1 pleine taille, mais c'est tout à fait possible. La conséquence, c'est que le bord d'attaque plie beaucoup, parce que les deux points du haut sont plus écartés. Pour compenser, beaucoup de gens mettent un bord d'attaque plus rigide : il plie moins et garde le cerf-volant à plat, mais il ajoute du poids. À mon avis, c'est beaucoup d'ajouts et beaucoup de compromis sur le vol normal du cerf-volant pour une seule figure. J'ai essayé, puis je suis revenu au réglage standard. Mais beaucoup de pilotes l'utilisent, et avec beaucoup d'effet, dans leurs routines, en compétition, en démonstration, surtout en musique, parce que c'est une figure très spectaculaire.

  21. Ranger le Revolution

    37:12

    Revenons au rangement : on relie chaque paire de lignes par une tête d'alouette, les deux du haut ensemble et les deux du bas ensemble, puis on finit d'enrouler. C'est là qu'on récupère quelques tours, sans doute à la toute fin, au moment de dérouler. Il suffit que ce soit bien serré et d'avoir quelque chose pour l'entourer. Retire d'abord les barres arrière : on tire toujours la pointe comme ceci, en laissant le bord d'attaque dans le cerf-volant. Donne un peu de mou en tirant sur l'élastique et déboîte simplement ce raccord, puis pareil de l'autre côté. Comme ça. Puis pose ça dessus, replie le haut, le plus proprement possible, en gardant le tout bien serré. Oups. On enroule le tout. Celui-là est un peu bâclé, mais ce n'est pas grave. Puis les lignes, et c'est fini. On peut mettre la bouilloire à chauffer.

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Dans la série Flying Techniques : l'Airbow et le Revolution, par Carl Robertshaw

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