La méthode des cinq répétitions

Cette méthode d’entraînement vient de Sven, d’Aerialis Kites. Elle ne dépend d’aucun mouvement en particulier : elle s’applique à n’importe quelle séquence que tu veux améliorer, en solo comme avant un vol en équipe, et même, comme il le dit, à d’autres situations d’apprentissage.

L’idée en une phrase

Répète au moins cinq fois la même séquence sans rien changer, observe ce qui se passe de façon répétée, puis travaille uniquement ces points-là.

Ce que nous retenons :

Le texte ci-dessous est la traduction de son article, reprise avec son accord. Il parle à la première personne.

J’entraîne cette méthode depuis un moment et j’en suis arrivé à la conclusion qu’elle fonctionne. Au moins pour moi. Je voudrais donc la partager avec toi, parce que je pense qu’elle peut aussi t’être utile. Et elle ne s’applique pas qu’à l’entraînement au vol : elle marche dans bien d’autres situations d’apprentissage !

Avant d’entrer dans les détails, il faut clarifier quelques définitions. J’aime répartir les facteurs qui influencent ton vol en deux catégories : les variables intérieures et les variables extérieures.

Ce sont celles sur lesquelles tu peux réellement agir : ta concentration, tes commandes directes sur le cerf-volant avec les mains et les bras, tes commandes indirectes par le reste de ton langage corporel, le réglage et les ajustements du cerf-volant (réglages de bridage, points d’attache, etc.), et probablement quelques autres.

Viennent ensuite les variables extérieures, tout ce que tu ne peux ni contrôler ni influencer. Il y a d’abord les conditions de vent. Tu le sais, elles peuvent beaucoup varier : de la brise de mer parfaite, douce et régulière, à un vent dévastateur qui vient de toutes les directions avec toutes les forces et rend le vol vraiment difficile.

Ces variables échappent à ton contrôle, ne cherche donc pas à les corriger autrement qu’en t’adaptant… ou va plutôt prendre un café !

Disons que tu es dehors et que tu veux t’entraîner à pivoter autour d’une pointe en arrêtant le cerf-volant à 3 heures, 12 heures, 9 heures et 6 heures, comme dans la vidéo ci-dessous.

C’est le moment de voler (au moins) cinq répétitions de cette séquence sans rien ajuster. Essaie de la voler de la même façon à chaque fois, avec les mêmes commandes et le même langage du corps, en observant comment vole ton cerf-volant et si quelque chose ne se passe pas tout à fait comme tu le voudrais.

Oui, les facteurs extérieurs (les conditions de vent) auront très probablement un effet, mais essaie de voir au-delà. Peux-tu trouver un schéma ? Peux-tu repérer quelque chose qui se passe un peu mal à chaque fois, ou presque ? As-tu les mêmes difficultés à chaque fois ?

Oui, tu cherches maintenant un schéma créé par toi et par tes variables intérieures ! Les seules que tu peux modifier !

Lire la vidéo : la méthode des cinq répétitions

Cette vidéo est une démonstration sans commentaire parlé : elle n’a donc pas de transcription. Le texte qui suit décrit ce qu’elle montre.

Si tu regardes ma vidéo de plus près, j’y ai défini un schéma qui, je suppose, tient à mon vol plutôt qu’aux conditions extérieures.

D’abord, je décolle doucement de la table et je mets le cerf-volant en stop à 6 heures, à l’endroit, bord d’attaque tourné vers ma droite. Je démarre le pivot et j’arrête le cerf-volant à la position de 3 heures, bord d’attaque vers le haut. Puis je fais un autre pivot et j’arrête le cerf-volant à la position de 12 heures, bord d’attaque tourné vers ma gauche. C’est toujours assez bon.

Mais là, les choses commencent à se passer. Le pivot suivant, avec l’arrêt à 9 heures, se passe mal presque à chaque fois (sauf peut-être à la répétition 4). J’ai du mal à tenir le stop, et l’arrêt n’est pas aussi net que je le voudrais.

La même chose se produit pour le dernier pivot, quand le cerf-volant doit de nouveau finir à la position de 6 heures. Je n’arrive pas vraiment à le réussir.

J’ai trouvé un schéma !

Oui, les conditions de vent jouent sûrement un rôle, mais voir ce schéma apparaître à chaque répétition (fais-en plus de cinq si tu veux !) rend plus probable que cela tienne à ton vol : il définit tes points faibles.

Quand tu as trouvé le schéma et découvert ces points faibles, ou devrais-je plutôt dire ces points à améliorer, il est temps d’analyser comment progresser.

Dans mon exemple, je dois vraiment faire attention à la façon dont je fais voler le cerf-volant de la position de 12 heures à celle de 9 heures. Que dois-je faire pour obtenir une rotation fluide, comment « clouer » cette pointe au même endroit pendant la rotation, quelle commande sera la meilleure pour y arriver, comment dois-je utiliser mes mains, mes bras et mon corps, etc.

Il y a ensuite l’arrêt et le stop à la position de 6 heures. Je dois suivre la même démarche, ajuster et expérimenter jusqu’à trouver une façon qui marche, ou au moins qui me rapproche de mon objectif.

En définissant mes points à améliorer, je découvre aussi ce que je fais déjà mieux, et je peux donc être efficace et me concentrer (davantage) sur mes points faibles !

Comme tu l’as probablement compris, cette méthode convient aussi à d’autres situations d’apprentissage. Au moins cinq répétitions, trouve un schéma, travaille sur tes points à améliorer, et ton niveau global progressera ! Essaie la prochaine fois que tu te retrouves dans une situation d’apprentissage de ce genre.

Il faut que j’aille voler !

Dernière mise à jour : — nouvelle page présentant la méthode d’entraînement d’Aerialis Kites, traduite avec un exemple vidéo